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Terre et Mer, quelles nouvelles utopies pour la Bretagne ? Vendredi 20 mars 2009

What Rencontre
When 20-03-2009
from 14:30 to 21:30
Where Institut de Locarn
Contact Email administration@institut-locarn.com
Contact Phone 0296574242

Deuxième session des Entretiens Prospectifs de l’Institut de Locarn : Comment préparer la Bretagne afin de rebondir à la phase post crise en tirant le maximum de ses avantages naturels ?



Téléchargement de l'invitation

Je crois que c’est déjà le moment de penser à l’après-crise et aux nécessaires rebondissements à tous les niveaux : groupes d’entreprises, échelons locaux, régionaux pour ce qui nous concerne ici à l’Institut.

Sortons du risque évoqué par Eric Le Boucher dans « Les Echos » : « Tout se passe comme si le théâtre allait reprendre son cours traditionnel ».

Nous savons tous que l’ampleur et la durée de la crise imposeront des changements profonds des trajectoires de développement.

Préparons nous à ces changements.

Comment va émerger une nouvelle Bretagne post-crise à partir de nos ressources naturelles ?

C’est l’objectif de la « Deuxième session des Entretiens prospectifs » de l’Institut de Locarn préparée par Jacques Arnol-Stéphan et Jean-Pierre Quignaux.

Dans l’attente du plaisir de vous rencontrer le 20 mars prochain, je vous prie d’agréer, l’expression de mes sentiments les meilleurs et très cordiaux.

Le Président,

Alain GLON


« Ils ont échoué parce qu’ils n’avaient pas commencé par le rêve »

William Shakespeare


14 heures 30 : Accueil des participants

15 heures : Introduction à la « créativité prospective »  par Jean-Luc DERRIEN :

Comment introduire de la créativité et de la démocratie locale dans un exercice de prospective

Présentation des ateliers, par Jean-Pierre QUIGNAUX et Jacques ARNOL-STEPHAN

16 heures à 17 heures 15: deux ateliers interactifs de créativité, en parallèle

Atelier “Mer” : quelle prospective / utopie marine et maritime appliquée à  la Bretagne ?

Présenté par Yves HENOCQUE

Atelier “Terre” : quelle prospective / utopie territoriale, agricole et agro-alimentaire appliquée à la Bretagne ?

Présenté par Jean OLLIVRO

PAUSE

Mise en commun des deux ateliers : Synthèses et échanges


De l’utopie à la réalité : les possibles qu’ouvrent aujourd’hui les nouvelles technologies

par Jean-Pierre QUIGNAUX

19 heures : Conclusion générale par Alain GLON


19 heures 30 : Buffet

Biographie des intervenants

Jacques ARNOL-STEPHAN est ingénieur Télécom. Après un début de carrière dans l’industrie et les services, il est depuis 15 ans consultant, spécialiste du management de la complexité. Il est coordinateur pédagogique des formations de l’Institut de Locarn ainsi que des Cahiers Jules Verne de l’Observatoire de prospective de l’Institut.

Jean-Luc DERRIEN est responsable de la Mission "Côtes d'Armor 2mille20" au Conseil général des Côtes d'Armor. Ancien directeur d'établissements AFPA et d'établissements d'insertion professionnelle. Animateur de plusieurs opérations du SPE (Service Public de l'Emploi) : contrat d'étude prospective, antenne emploi-formation de grands travaux, centre interinstitutionnel de bilan de compétences. 

Yves HENOCQUE est Docteur ès Sciences, spécialiste d’écologie marine. Il est aujourd’hui Responsable thématique Nature & Société à la Direction de la Prospective et de la Stratégie scientifique de l’IFREMER. Cela l’a conduit notamment à contribuer aux travaux du comité opérationnel Grenelle Environnement sur la mer et le littoral.

Jean OLLIVRO est professeur de géographie à l’Université européenne de Bretagne (Rennes II) et à Sciences Po Rennes.

Jean-Pierre QUIGNAUX est économètre de formation. Spécialisé aussi en histoire économique et économie de la défense, il a travaillé au Secrétariat Général de la Défense Nationale, au Centre de Prospective et d'Evaluation du Ministère de la Recherche et de la Technologie, à la Commission Européenne, à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, à l'UNAF, et a rejoint en 2007 le Cabinet du Président Claudy Lebreton comme chargé de mission pour l'innovation sociale et technologique.

En préalable :


"TERRE ET MER, QUELLES NOUVELLES UTOPIES POUR LA BRETAGNE ?"

INSTITUT DE LOCARN, LE 20 MARS 2009

Des entretiens prospectifs périlleux…

En se référant à la notion d'utopie, la deuxième édition des "Entretiens prospectifs de Locarn" prend le risque de la provocation et l'assume. Etymologiquement, la provocation ne signifie-t-elle pas l'action d'appeler, d'inviter, d'inciter (vocatio) à aller en avant, devant, pour quelque chose (pro) ? Par son ampleur, sa profondeur et sa nature, la crise qui s'est révélée depuis un an, n'est-elle pas elle-même une redoutable provocation historique vis-à-vis de nos modes de penser et d'agir ? Maintenant, qu'y a-t-il devant, que pouvons-nous imaginer, que rêvons-nous d'enviable pour les deux dimensions fondamentales de la Bretagne que sont la Terre et la Mer ?

Partout, depuis environ cinq ans, les exercices de prospective ont fleuri. Etait-ce par anticipation de la grande désorientation systémique dans laquelle nous sommes entrés ou pour étouffer les cris des "Cassandre" par des projections raisonnées du passé dans le futur ? Force est de constater que ces prospectives n'ont pas empêché et n'enrayent toujours pas la raréfaction actuelle du crédit bancaire et financier, de ce "crédit" qui n'est, somme toute, rien d'autre que l'indice de la confiance que nous, les uns et les autres et les uns vis-à-vis des autres, nous accordons à l'histoire et au futur. Quels sont les devenirs possibles, imaginables, souhaitables, de la terre et de la mer bretonne, ceux pour qui nous ferions aujourd'hui crédit ?

L'essentiel est sans doute aujourd'hui de chercher à savoir comment se fabrique le futur. Notre présent n'est-il pas en effet en grande partie le résultat de la concrétion, de la sédimentation mais aussi de la cristallisation de rêves et d'idées, d'utopies et d'idéaux, séculaires qui ont plus ou moins bien tournés avec le temps ? Le passé, le présent et le futur, tels que nous les ressentons, ne sont-ils pas surtout le fruit du récit que nous nous en faisons ? De quel récit intéressant du futur, de quelle utopie, sommes-nous aujourd'hui les auteurs ?

Que nous soyons chercheurs, entrepreneurs, gestionnaires, politiques, administratifs, enseignants, consultants, employés ou artisans, etc, pour une très grande majorité d'entre nous, " utopique " veut dire impossible. Dans le langage actuel, l'utopie est une chimère, une construction purement imaginaire dont la réalisation est, a priori, hors de notre portée.

Certes des utopies ont accouché de cauchemar mais faut-il pour autant s'interdire l'exercice utopique. Par souci du "politiquement correct" - et par crainte du jugement de nos pairs - nous autocensurons la dimension imaginative et fictionnelle de notre pensée et taisons ce à quoi et ce pourquoi nous rêvons. En adultes responsables, nous tendons à n'accorder que peu de pouvoir au rêve. Etrange paradoxe, alors que nous sommes sans doute fort nombreux, à dire à nos enfants, à la suite de Saint Exupéry, «Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité.»

En fait, imaginaire et fictif ne sont pas synonymes d'impossible. Si le rêve était une chimère, notre cerveau ne fonctionnerait pas. Sans le rêve de voler comme les oiseaux, les avions n'existeraient pas. Sans récits fictionnels, l'histoire n'aurait pas de sens. Par ailleurs le plus raisonnable et objectif n'est pas toujours celui - ou ce par quoi - l'espoir et le désir d'agir ensemble adviennent.

Dans la tradition utopique - des philosophes grecs aux essayistes contemporains en passant par toute la littérature utopiste politique du XVIe au XVIIIe siècle - l'exercice de l'imagination et le recours à la fiction ont eu pour ambition d'élargir le champ des possibles et ont participé souvent d'une critique progressiste de l'ordre existant et d'une volonté de le recréer. Cet exercice a en effet la vertu d'une part de prendre des distances par rapport au présent pour mieux le relativiser et d'autre part de décrire, d'une manière aussi concrète que possible, ce qui pourrait être. Souvent très précises, les descriptions utopiques visent à convaincre que d'autres modes de penser, d'agir et de vivre sont possibles. Par rapport aux contraintes pesant sur une situation ou un vécu réels, l'exercice de l'utopie, de l'imagination, de la fiction, du rêve éveillé, loin d'être vain ou gratuit, permet d'explorer les faisabilités de l'impossible.

Pour les Entretiens Prospectifs de Locarn du 20 mars 2009, trois intervenants et deux animateurs ont accepté le pari qui consiste d'une part à parler de la difficulté à mobiliser les ressources de l'imagination et de la créativité dans les exercices de prospective et d'autre part, à inciter les participants, au sein de deux ateliers, à tenter de formuler avec eux des séquences de fictions et des bouts de rêves de ce que pourraient être demain la terre et la mer bretonne.


Ce pari est périlleux car ce ne sont pas prioritairement les analyses argumentées des chercheurs, experts et entrepreneurs impliqués dans les activités maritimes et marines, agricoles et agroalimentaires, des transports ou des aménageurs du territoire, etc, qui sont attendues à Locarn le 20 mars, mais leur imagination, l'expression des rêves et des utopies créatrices qui les motivent et qui peuvent nourrir de l'espoir et de la confiance en Bretagne.


Jean Pierre Quignaux

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