Le point du vue de Jean-Eudes Queffelec
Votre parcours ?
| Toute ma carrière professionnelle s'est déroulée l’étranger. 10 ans dans la Silicon Valley dans le monde des start up et a Seattle pour Microsoft. J'ai aussi passé 2 ans en Afrique du Sud. | ![]() |
Maintenant j'occupe le poste de Directeur du département TIC pour Les Fonds d’investissement de Bretagne, le plus gros fond privé de Bretagne
Avez-vous rencontrez des systèmes favorisant les échanges et relations entre laboratoires de recherche et entreprises ?
Oui, la Silicon Valley ! C’est le modèle par excellence de relation université/entreprise/recherche. A la base du Silicon a Internet, le principal moteur fut la défense américaine donc les pouvoirs publiques qui ont favorisé l’essaimage privé.
N’oublions pas que la gestion de la
stabilité et de la sécurité technique de l'Internet, confiée aujourd’hui à l’ICANN ,
dépendait directement du ministère de la défense. Ce n’est que depuis le 1er
Octobre 2009 que l’ICANN a pu s’affranchir totalement de la tutelle
américaine.
L'autre modèle c'est bien entendu Israel. Les pouvoirs publics, via l’armée , ont un rôle prépondérant dans le développement de la filière TIC.
Quels sont, selon vous les problèmes prioritaires parmi les 8 présentés dans le rapport ?
La chance pour la Bretagne est que ce qui la pénalisait dans le
20eme siècle, l’excentration , n’ est plus un handicap à l’heure
d’Internet , du transport low cost et de la mondialisation.
La qualité
des ingénieurs, de l’innovation et du tissu universitaire n’ont
rien à envier à d’autres régions en France ou dans le monde.
Ce qu’il manque c’est une véritable volonté de passer du monde du prototypage à l’ère industrielle et pour cela il n’y a pas de formule miracle : c’est la combinaison de
- l’accès au marchés mondiaux (USA, Europe, Asie) par une présence dès les 1ers stades de développement aux US et en Asie
- accès au capital (fonds d’investissement dédié)
- accès à des ressources humaines à même de développer un business de taille globale. Et pour attirer des cadres d’envergure, il faut avoir une infrastructure (école primaire et secondaire internationale ; salaire conséquent , etc..)
en ce sens, le modèle israelien est intéressant et tout a fait réplicable
en Bretagne :
- R&S basé a Haifa,
- Sales & Marketing à San Francisco
- finance a Wall Street (IPO) accompagnée de Business Angel et des capital risqeur d’envergure mondiale
En cela le plan TIC va dans
le bon sens, notamment avec la création d’un fonds d’amorçage TIC
mais il faut aussi pouvoir changer les mentalités et cela ne se fait pas en une
minutes.
J’ai confiance dans le capital humain breton dont les
valeurs intrinsèques sont universelles (travail, ouverture au monde, opiniâtreté,
solidarité,..).
Il faut oser !
Just do it !!
