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Le point de vue d'un Architecte Système irlandais sur la stratégie pour la filière Tic en Bzh Le point de vue d'un Architecte Système irlandais sur la stratégie pour la filière Tic en Bzh

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Josselin est architect system chez Cora Systems à Dublin. Il vient de valider un MBA.

Les politiques publiques Irlandaises pour soutenir les activités Tic


  Le gouvernement Irlandais a publié le document Smart Economy fin 2008. Ce document propose une vision et la stratégie associée pour le futur à 5 ans de l'Irlande.

La "Knowledge Economy" et les "Green Tech" occupent la place principale.

Concernant les Technologies de l'Information et de la Communication (TIC), un budget de 500 millions d 'euros a été provisionné directement pour les services R&D des entreprises.

4 Milliards d'euros pour le secteur R&D

L'Irlande essaye d'obtenir une masse critique d'entreprises leaders suffisante pour affirmer son autonomie dans cette nouvelle économie.

Un des arguments forts de l'Irlande pour attirer les investisseurs, c'est bien entendu la fiscalité avec un taux de taxe professionnelle à 12,5%. Cependant, les investisseurs citent deux autres raisons :

  • la langue et la culture anglo-saxonne
  • le niveau d'éducation

je pense que deux des trois arguments peuvent être repris facilement en Bretagne. la tradition Celte de la Bretagne la rapproche des anglo-saxons, et le niveau d'éducation en Bretagne est particulièrement élevé.


Le gouvernement s'attèle lui aussi à faire venir les meilleurs chercheurs internationaux. Mais il faut avoir conscience qu'en Irlande, la recherche est tirée par les entreprises privées tel IBM ou Intel. La recherche académique est présente mais très secondaire.

Un autre élément essentiel de la stratégie économique Irlandaise est l'IDA : Ireland Development Agency qui agit comme un catalyseur pour amener des fonds étrangers. Cet interlocuteur facilite l'établissement des entreprises en prenant en charge la totalité des démarches depuis le début du projet jusqu'à la fin (trouver des locaux, démarches administratives, débloquer des fonds spécifiques, recrutement....). L'encadrement offert par l'IDA réduit sensiblement la prise de risque pour l'investisseur et surtout c'est le seul et unique interlocuteur. J'avais déjà rédigé un billet de veille à ce sujet :

S’implanter en Irlande : IDA, une mécanique bien huilée.


Toute une section du document Smart Economy est dédiée au marketing territorial. C'est à dire comment développer une marque Ireland, quel sont les symboles à utiliser pour faire venir les investisseurs... Lors de mon dernier déplacement j'ai eu le plaisir de voir la campagne de communication de Bretagne International à l'aéroport. C'est vraiment une très bonne démarche qu'il faut développer dans les aéroports européens. Globalement, la Bretagne à besoin d'un marketing professionnel qui met en avant ses compétences techniques et technologiques. Nous avons pourtant des symboles forts comme Pleumeur Bodou, Citroên, l'Ifremer ...


Et même si la Bretagne dispose d'une latitude de mouvements plus restreinte que l'Irlande il y a des pistes à exploiter comme l'attachement à la terre et l'esprit travailleur des Bretons, ces valeurs peuvent avoir un réel retentissement à l'étranger.

Les relations entre laboratoires de recherche et entreprises ?


En Irlande, les laboratoires publics sont très limités. Ma seule collaboration avec une Université reposait sur une analyse de nos interfaces graphiques. Ce projet s'est déroulé en partie car la collaboration entrait dans un programme de partenariat trans-frontalier entre les deux Irlande.

Contrairement en France, les Universités Irlandaises accueillent beaucoup de startup. Par exemple à l'Université ITSligo l' "Innovation Center" héberge une dizaine d'entreprises qui accède ainsi aux équipements.


Les pôles de compétitivité


A vrai dire j'ai une connaissance très limitée des pôles de compétitivité, il me semble que la Bretagne en possède trois :

  • image et réseaux
  • un sur l'aliment et
  • un troisième sur la mer.


Je pense que les pôles sont une bonne idée pour conserver de la matière grise en Bretagne, mais c'est pour moi assez difficile de répondre à cette question car je n'en connais pas le fonctionnement.

En Irlande, l'activité TIC est centralisé sur Dublin et globalement, la tradition ici est de faire confiance directement aux entreprises pour que les choses bouges. Les pouvoirs publics fournissent simplement des outils mais les entreprises se prennent en main de façon autonome.



Selon vous, quelles priorités parmi celles fixées par le rapport de filière ?


En premier je dirais le très haut débit.
Ensuite, je pense qu'il faut que la Bretagne développe ses "core competences" en les mélangeant et les appliquant entre elles. je veux dire par là que bien que les Tic soient bien développées en Bretagne elles devraient mieux tirer parti des synergies possibles avec les autres secteurs spécifiques comme l'agriculture, l'élevage, la pêche ...

Enfin, il faut valoriser les compétences humaines et surtout communiquer sur ce niveau d'expertise et d'éducation, de diplôme. Au final ce sont toujours les compétences humaines qui font la différence.



Quel regard sur la segmentation proposée



je ne suis pas certain de la pertinence d'une segmentation des marchés.

Pour reprendre l'idée des "core competences"  il faut au contraire favoriser le rapprochement et l'interaction entre les segments. L'innovation est bien souvent une question d'assemblage.

La question des services est primordiale. Les SSII sont les seules à tenir face aux crises. Le service aux opérateurs télécom doit rester une priorité, car ces acteurs vont demeurer incontournables. De plus leurs services sont quasi-identique d'un continent à l'autre donc facilement exportable.

Ce que je veux dire par là, c'est par exemple que le Web 3.0 n'a d'avenir qu'appliqué aux services des opérateurs télécoms.
Sur la réalité virtuelle, je pense là encore qu'il ne faut pas essayer de dépasser les nippons et spécialistes asiatiques. Par contre nous avons du potentiel en appliquant ces technologies au marché.
Je dirais qu'il faut mélanger les compétences pour se différencier, chercher les niches et développer une expertise unique. Dans ce sens je rejoins le point du rapport qui vise à favoriser l'interaction en Bretagne entre les Tic avec l'agro, les métiers de la mer ....


L'internet du futur ?

Je pense que l'Internet du futur sera tellement diffus et mélangé aux applications de tous les jours qu'on n'y pensera plus. Je pense d'avantage à un internet des objets qui interviendrai dans la domotique, les transports, la livraison ...


Des problématiques similaires ?

L'irlande est confrontée aux mêmes problèmes que la Bretagne, ainsi que tous les pays développés. Nous sommes tous en compétition et il s'agit de trouver de la valeur ajoutée.

Pour moi la réponse est dans le mélange des expertises et des compétences propres aux territoire.

Je pense par exemple que nous ne serons jamais les meilleurs dans l'imagerie 3d mais par contre appliquée à l'agronomie ou aux fonds marins... La Bretagne a tout à gagner en cherchant à appliquer les connaissances développées par les autres. 

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