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Entretien avec Adrien Morel, Key account manager, GYMA enterprises Entretien avec Adrien Morel, Key account manager, GYMA enterprises

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Submitted by LE BAYON Simon. on 09-06-2008 00:00. Agro-industrieAsieEurope (EMEA)Interviews
Dubai : agroalimentaire & commerce international


  • Bonjour Adrien, pouvez-vous vous présenter ?


J'ai 26 ans, breton originaire d une famille de commerçants en bestiaux. Lors de mon stage de BTS en industries agro-alimentaires à Rennes, j'ai travaillé pour une société d'import-export. Cette expérience a confirmé ma volonté d'orienter ma carrière vers l'agroalimentaire et le commerce international.photo adrien

Après mon BTS, j'ai suis entré en école de commerce à Pau. J'y ai notamment réalisé un semestre d'étude en Inde pour une recherche sur la chaîne d'exportation depuis les producteurs (poissons, épices...) jusqu'à l'entrée des produits en Europe. J'ai été amené à parcourir une bonne partie du pays, Bangalore, le Kerrala, Talminadou, Rajhastan, Goujarat puis le Cachemire...

 

Après cette expérience j'ai réalisé un autre stage à Dubai pour le groupe 3A (Alliance Agro-Alimentaire). Je travaillais pour la filiale  maison Boncolac (patisserie, crème glacée, produits laitier...) qui m'a envoyé  pour une mission de 6 mois au Moyen Orient. Cette mission commerciale  avait  pour objectif de développer les ventes sur les réseaux RHF (restauration hors foyer) et GMS (grandes et moyennes surfaces). Ce fût l'occasion d'établir de nombreuses relations à Dubai. Une fois rentré en France je suis parti 5 mois en Amérique du Sud pour réaliser une étude sur la fillière de vente bovines. Comme je suis issu du milieu de la viande, c'était un réel plaisir de visiter les grands élevages argentins. J'y ai rencontré des exportateurs, constitué une base de données et travaillé sur la legislation et les réglements d'exports. A mon retour en France, pour terminer mes études, j'ai été contacté par Gyma qui me proposait un poste à Dubai. En mars 2007, j'y débarquais pour passer les entretiens et prendre connaissance du terrain. J'ai réellement débuter en mai.


Agrandir le plan


Gyma appartient à la famille Ducros. La fillilale à Dubai fait de la commercialisation de fruits et légumes secs ainsi que des épices. Nous avons aussi des usines de transformation (cuisson, salaison, saveur, broyage...). Au sein de Gyma, je suis en charge de la gestion des comptoirs  clients : gamme de 200 produits. Ces comptoirs, animés par des vendeurs sont implantés dans les grandes surfaces des Emirats. C'est une sorte de boutique à l'intérieur de la grande surface.

Je gère les magasins de Dubai et de l'ensemble des villes des Emirats (Sharjah, Ajman, Ras Al Kahimah, Abu Dhabi, Al Ain)

comptoir gyma


  • Quelles sont vos impressions sur la vie aux Emirats  ?

Disons que Dubaï est un melting pot de nationnalités. Notre staff est compose d indiens, de pakistanais, de sri lankais, de népalais… Vivent aussi à Dubaï beaucoup de personnes du monde arabe (Liban, Koweit ...) et aussi des européens, des suds africains. C'est multiculturel et multiethnique. Dans le cours d'arabe auquel je participe, chaque personne représente une nationalité, il y à un canadien, une norvegienne, une indienne..

 

Ce mélange de culture fait que la vie n'est pas trop dépaysante pour un occidental. Dans la rue on croise des touristes ou des expatriés habillés à l'occidentale et des femmes voilées ainsi que des locaux en dishdash. Dubai est une ville en construction permanente et le tout en plein desert. Il y a des chantiers et des grues partout. Ici tout bouge très vite. C'est ça que je trouve intéressant, en venant à Dubai ça fonce. Pour le boulot, j'ai des responsabilités que je n'aurais jamais eu avant l'age de 30 ans en France.


  • Est ce que Dubai peut représenter un intérêt pour les entreprises bretonnes ?

 

Les orientations de développement, c'est beaucoup de tourisme. Donc toutes les activités liées ont de l'avenir ici, hotellerie, restauration, loisirs, nautisme, milieu équestre...

La mixité de Dubai en fait un pied d'entré pour le moyen orient. Pour une multinationale, c'est plus intéressant d'établir ses bureaux à Dubai, parce que ses salariés occidentaux peuvent plus facilement s'adapter qu'au Quatar ou au Koweit. Dubai n'est finalment pas très depaysante, cette ville reste occidentale.

Comme dans la plupart des pays du golfe, les sociétés qui souhaitent s'implanter doivent avoir un partenaire local. En rêgle général ce sont les grandes familles locales, celles qui détiennent le pouvoir ici. En forçant le trait on peut dire que les 10  grandes familles de Dubai  sont les propriétaires des entreprises. Ils recrutent des européens, des américains et des sud africains pour le management et confient le boulot aux népalais, chinois, philipins...

les tours de dubai 


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  • Quels sont vos projets à court – moyen termes. ?

Pour moi c'est d'abord valider mon expérience et ce poste. Donc dans l'immédiat je n'imagine pas tellement  changer. Par contre à moyen terme j'aimerais passer sur un poste d'export dans la région pour améliorer ma connaissance des pays du golfe. Enfin, à plus longue échéance j'aimerais ouvrir une filliale dans un pays proche. L'inde par exemple est un pays intéressant,  pour y avoir vécu quelques mois, je pense qu'il y a beaucoup de choses à faire. Pour autant je n'ai pas de plan carrière défini, il faut rester opportuniste ! Il y à un an je ne pensais pas vendre des épices dans le désert ! Si des opportunités se présentent je les saisirais.



  • Quelles sont vos compétences, votre expertise :

Je sors d'une école de commerce donc je suis généraliste orienté business. Mon expérience dans l'agroalimentaire fait que je peux renseigner des entreprises bretonnes sur le marché local, ou réaliser des études de marchés. Etant donné ma connaissance de la zone, j'ai aussi un réseau sur place qui peut être intéressant pour un entrepreneur souhaitant investir.




  • Votre impression sur l'idée d'un réseau diaspora ?

Lorsque j'ai rencontré Sandrine sur le salon Gulf Food, je lui ai donné mes coordonnées assez rapidement. Je crois beaucoup au système de relation, ça fait partie du business pour 50 ou 60%.

J'ai aussi envie de garder un lien avec la Bretagne, me faire connaître et puis la solidarité est une valeur des bretons. De plus le  fait de vivre à l'étranger renforce le sentiment d'appartenance. C'est quelque chose qu'on ne ressent pas quand on vit en france. Mêmes les liens entre français sont beaucoup plus forts quand on se retrouve à l'étranger, tout le monde est déraciné dons on se rattache à son identité ou ce qu'y s'en rapproche, les produits traditionnels par exemple, qui ne sont pas en vente libre, il faut une licence pour acheter de l'alcool ou des rillettes :o)


  • Quels sont vos problèmes du moment ?

- Coté professionnel, ma mission n'est pas forcément évidente. Schématiquement, je dois transformer un indien du kerrala en salesman. C'est à dire qu'il faut faire rentrer dans des standards de qualité et d'hygiène occidentaux des personnes qui n'ont jamais été à l'école. Donc je suis preneur d'expériences.

 

- Sinon, j'ai bien envie de me mettre au Kite Surf et je recherche des conseils pratiques :o)



  • Des remarques sur la newsletter ou le site Web ?

Les expériences et les profils sont très intéressants, mais je trouve les entreprises un peu absentes. J'aimerais avoir des infos sur l'activité économique en Bretagne, surtout dans les relations internationales.




  • Merci Adrien, à très bientôt

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